C'EST PARIS AUSSI

C'EST PARIS AUSSI

Ken Metoxen est Amérindien. Il a 55 ans et vit dans une réserve du nord des Etats-Unis depuis toujours. Haut en couleurs, il cultive un secret ; en voyage à Paris, la « ville-lumière », il espère pouvoir le dévoiler aux yeux du monde. Le monde est en effet bien là, aux portes de la capitale.

Lech Kowalski nous aura, de longue date, habitués aux mouvements. Ceux de la rue, des punks, des fétichistes, de sa mère, des paysans polonais, des grévistes : la liste est longue, c’est celle, presque sans fin, d’une humanité reléguée. Mais est-ce une habitude ? Surtout pas, l’effet plutôt d’une caméra restée indomptée. Et nous, soumis à ses ruades, à ses roueries, à ses rébellions, à ses rages, à ses cris du cœur, on en prend plein les yeux et ça fouette l’âme. Cette fois encore, l’idée est simple : faire le remake d’Un américain à Paris. Mais, précisons, en guise d’ « américain », ce sera un Indien, casquette de baseball arborant le slogan : « native pride » ; et en guise de Paris, ce sera ces « zones », aux bords de routes de la capitale, traversées de sans-abris, de migrants venus du monde entier. Y danse-t-on ? Ça se peut. Un boxeur croisé à la soupe populaire ne cesse de parler en bougeant façon shadow boxing. Et puis notre native, il marche, il ne cesse de mettre une basket devant l‘autre, pressé, toujours dans l’urgence à se déplacer, presque à courir. Et aussi, la caméra de Lech, chien fou, fait de brusques panoramiques sans motif, quitte son sujet, cherche un cadre plus vaste, le ciel, les routes. Ici, rien ne tient en place, et ce n’est pas la moindre des surprises que d’écouter l’Indien parler des conditions de vie des migrants qu’il croise comme l’image exacte de celles que son peuple, avant de presque disparaître il y a bien longtemps, a connues. C’est sans doute cette liberté de circuler dans la cruauté qui autorise un final qu’on taira ici, déplacement supplémentaire et refus d’assignation. C’est Kowalski, à nouveau. (J-P.R.)

PRIX

"L’énergie brute, parfois brutale dans laquelle nous plonge le film, la quête troublante, haletante, la marche encore la marche, les tentatives de rencontres avortées, l’altérité radicale et les impasses des désirs qui imposent la marge font de ce film une oeuvre percutante inconfortable et poétique." Jury de la compétition française  


 

 

 

ON VA TOUT PETER

2019 - 110 mm

I PAY FOR YOUR STORY

2017 - 86 mm

HOLY FIELD HOLY WAR

2013 - 105 MN

FUCK

2009 - variable

POLICE FORCE OUVRIERE

2009 - 12 mm

WINNERS AND LOSERS

2007 - 75 mm

A L'EST DU PARADIS

2005 - 105 mm

CAMERA GUN

2003 - 29 mm

HEY IS DEE DEE HOME

2003 - 63 mm

ON HITLER'S HIGHWAY

2002 - 81 mm

BORN TO LOSE

2001 - 104 mm

THE BOOT FACTORY

2001 - 104 mm

JUNKIE ROMANCE - WAYNE KRAMER

1994 - Clip Vidéo

ROCK SOUP

1984 - 87 mm

CHICO & THE PEOPLE

1991 - 20 mm

GRINGO

1981 - 90 mm

DOA

1981 - 90 mm

BREAKDANCE TEST

1984 - 6 mm

WALTER AND CUTIE

1978 - 25 mm

SEX STARS

1977 - 85 mm

Les films de lech kowalski © revolt cinema