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I PAY FOR YOUR STORY

À Utica, ville sinistrée des États-Unis, Lech Kowalski propose aux habitants de payer pour écouter leur histoire. Avant Trump, un portrait poignant de l'Amérique des marges, entre tragédie et survie.

Suspendu à une véranda, un néon bleu et rouge clignote avec la mention "I pay for your story". À Utica, ville moyenne de la "Rust Belt" dans le nord-est des États-Unis, dont le rêve américain s'est évanoui depuis longtemps avec la désindustrialisation, Lech Kowalski (La malédiction du gaz de schiste, À l'est du paradis) fait caméra ouverte pour les habitants et les rémunère deux fois le salaire minimum pour les entendre. Noirs pour la plupart, les volontaires déroulent simplement le fil de leur vie, avec deux gros dénominateurs communs : la fatalité misère-drogue-prison et l'instinct de survie, avec l'espoir ténu et tenace d'un avenir meilleur pour leurs enfants. Des condensés de destins où ils affirment aussi leur identité et leur dignité, loin des statistiques où l'on tend à les enfermer, comme leur refus de la stigmatisation. À travers leurs récits résistants se dessine, de l'intérieur, le chaos d'une cité sinistrée, qui hier encore s'enorgueillissait de son industrie textile et de son usine de la General Electric. Dans un ancien night-club désaffecté, rempli de gravats, un père évoque les soirées festives d'autrefois, avant le basculement. Et avant même l'élection de Trump, ces rescapés cabossés pressentent déjà des émeutes à venir.
Miroir piqué
Lech Kowalski, enfant d'émigrés Polonais, qui a passé son adolescence à Utica, parvient à travers la force brute des témoignages à ausculter la ville éreintée par la pauvreté, miroir piqué de l'Amérique. Une cité démembrée, singulièrement cinématographique, qui émerge au détour de brefs et beaux plans, souvent de nuit. Sans excès d'empathie ni de curiosité, le réalisateur restitue puissamment, par la sobriété du dispositif, la parole de ces "sans-voix", comme ce sexagénaire qui a passé vingt-cinq ans derrière les barreaux et envisage son retour en prison pour la promesse d'un lit et de soins médicaux. Le portrait abyssal d'une époque, où se glisse, comme une lueur vacillante, un hommage à la mère du cinéaste.

HOLY FIELD HOLY WAR

2013 - 105 MN

FUCK

2009 - variable

POLICE FORCE OUVRIERE

2009 - 12 mm

WINNERS AND LOSERS

2007 - 75 mm

A L'EST DU PARADIS

2005 - 105 mm

CAMERA GUN

2003 - 29 mm

HEY IS DEE DEE HOME

2003 - 63 mm

ON HITLER'S HIGHWAY

2002 - 81 mm

BORN TO LOSE

2001 - 104 mm

THE BOOT FACTORY

2001 - 104 mm

ROCK SOUP

1984 - 87 mm

CHICO & THE PEOPLE

1991 - 20 mm

GRINGO

1981 - 90 mm

DOA

1981 - 90 mm

BREAKDANCE TEST

1984 - 6 mm

WALTER AND CUTIE

1978 - 25 mm

SEX STARS

1977 - 85 mm

Les films de lech kowalski © revolt cinema